Démographie pharmaceutique : 3 moyens de régulations

Démographie pharmaceutique

Les pharmaciens ont su montrer que leur place dans le système de santé français était essentielle au cours de cette crise sanitaire qui frappe le monde entier depuis 2020. 

Grâce à une bonne répartition des officines sur le territoire français, l’ensemble de la population à pu continuer à bénéficier d’une offre de soins de proximité. 

Faisons dans cet article un bilan des pharmaciens et pharmacies en France et voyons les différents moyens de régulations mis en place. 

État des lieux de démographie pharmaceutique en France

Commençons par analyser la situation globale. 

En 2020, on recense 73 830 pharmaciens inscrits à l’ordre. Et au 1 er janvier 2021, on en comptait seulement 72 200. On observe donc une légère baisse. Pour rappel, afin d’exercer le métier de pharmacien, il est obligatoire d’être inscrit à l’ordre national de pharmaciens. 

Le nombre de nouvelles inscriptions à l’ordre des pharmaciens connaît lui aussi une diminution. Elles se comptent au nombre de 2059, soit – 12,6 % par rapport à 2019. 

On compte 21 004 officines en France. En 2020, 196 ont fermé. Pour cause, des regroupements entre deux officines ou des cessions d’activités.

Puis examinons cela de manière plus approfondie. 

Les sections A et D sont les plus représentées sur le territoire. En effet, 70 % des pharmaciens français exercent en officine. 

Cependant, au cours des dix dernières années, la section B et H ont connu la plus forte augmentation. 

Sectionpharmaciens

68 % des pharmaciens sont des femmes, contre seulement 32 % d’hommes. Peu importe la section, les pharmaciennes représentent toujours plus de 50 % des effectifs. 

Concernant l’âge moyen, il est de 46,8 ans. On observe ces dernières années une augmentation des moins de 35 ans. Ce qui est très positif, car cela signifie que la profession se renouvelle. 

En France, l’accès à une officine est assez homogène sur l’ensemble du territoire. 

Afin de maintenir une situation démographique correcte et de permettre à l’ensemble de la population un accès aux officines homogène, différents moyens sont déployés sur le territoire français.

Numéro 1 : Le Numerus Clausus pour les étudiants

Dans un premier temps, définissons ce terme barbare de « numerus clausus ». C’est le nombre d’étudiants qui seront autorisés à continuer leurs études après la PACES (1re année commune aux études de santé). 

En 2020, il était de 3 265 places pour les études de pharmacies, 3 177 qui viennent de la PACES et le reste venant des différentes passerelles mises en place : 

  • Les étudiants qui ont un niveau licence peuvent accéder à la deuxième année. Attention, toutes les licences ne le permettent pas. Il faut qu’elle ait une option accès santé. 
  • Après un master ou une grande école, les étudiants peuvent accéder à la deuxième voire même parfois la troisième année des études de pharmacies. 
  • Les étudiants qui se sont engagés dans une filière odontologie, maïeutique ou médicale peuvent changer d’avis. En effet, s’ils ont fait au moins deux ans dans cette filière, ils peuvent rejoindre la deuxième année de pharmacie.
  • À partir de la rentrée de septembre 2021, une nouvelle passerelle a été créée. Elle permet à vos préparateurs et préparatrices en pharmacie de rejoindre la deuxième ou troisième année des études de pharmacie. Elle est cependant soumise à un quota de 5 % annuel. Les préparateurs devront déposer leur dossier aux facultés qu’ils souhaitent intégrer avant le 15 mars de chaque année qui sera étudié par un jury d’universitaires. 

Ces différents accès aux études permettent de diversifier les profils des futurs pharmaciens.

Numéro 2 : Le maillage territorial pour limiter les déserts médicaux

Certains territoires en France sont touchés par des déserts médicaux. Cela concerne notamment une pénurie de médecins généralistes ou de spécialistes. 

Pour éviter qu’il ne se passe la même chose avec les officines, un maillage territorial est mis en œuvre. Ainsi, la population a accès facilement à son pharmacien, professionnel de santé de proximité indispensable. 

Nous avons pu voir l’importance des pharmaciens lors de la crise de la Covid-19, ils ont permis de maintenir un accès au soin malgré tout. 

La distance moyenne de la pharmacie la plus proche est de 3,8 km et l’on en compte 31 pour 100 000 habitants. 

En effet, il existe quelques règles pour que ce maillage soit efficace : 1 officine peut être créée pour 2500 habitants. Pour qu’une nouvelle pharmacie voie le jour, il faut compter 4500 habitants supplémentaires. Avant d’être implanté, un dossier doit être présenté à l’ARS qui donne son autorisation ou non. 

Les transferts d’officine et les regroupements sont aussi limités et aussi soumis à des règles. Par exemple, si une officine souhaite quitter un endroit en surdensité officinale pour s’installer dans un endroit fragilisé médicalement, alors cela sera possible. C’est toujours l’ARS qui pourra prendre cette décision.

Numéro 3 : Des pharmaciens étrangers autorisés à exercer

Depuis quelques années, le nombre de pharmaciens ayant obtenu leur diplôme à l’étranger ne cesse d’augmenter. En 2020 on remarque une augmentation de 6,9 % par rapport à 2019. 1 705 professionnels sont de nationalité étrangère, cela représente 2 % des pharmaciens. Ils se dirigent plutôt vers le milieu officinal. 

Pour exercer, ils doivent cependant respecter certaines procédures différentes en fonction des cas. 

Par exemple, si le pharmacien n’est ni de nationalité française et n’a pas obtenu son diplôme en France, il doit faire une demande au Centre National de Gestion qui vérifie l’équivalence du diplôme et qui vous permettra d’exercer ou non. 

Chaque cas est différent en fonction du lieu d’obtention du diplôme et de la nationalité. N’hésitez pas à contacter l’ordre des pharmaciens pour en savoir plus ou à aller lire cet article sur l’exercice de la pharmacie avec un diplôme étranger.

Grâce à ces différents moyens, la population française bénéficie d’un accès aux soins de proximité, uniformisé sur l’ensemble du territoire.   

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